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15 juillet 2026 · Cilia

Comment faire le deuil d’une version de soi ?

Changer, c’est aussi laisser partir celle que l’on était. Pourquoi cette perte-là est réelle, et comment la traverser.

Comment faire le deuil d’une version de soi ?

On parle beaucoup d’évolution, rarement de ce qu’elle coûte. Pourtant, chaque transformation demande de laisser derrière soi une version de soi qui a existé, qui a tenu, qui a servi.

Et cela ressemble bien plus à un deuil qu’à une réussite.

Une perte que personne ne voit.

Quand tu changes de vie, de métier, de ville, de fonctionnement, l’entourage félicite. Personne ne demande ce que tu as perdu au passage.

Pourtant tu as perdu quelque chose : des repères, une identité, parfois un rôle qui te définissait. La femme toujours disponible, celle qui gérait tout, celle qui ne disait jamais non.

Il y a du soulagement, et il y a du vide. Les deux coexistent.

Pourquoi c’est si déroutant ?

On s’attend à se sentir mieux immédiatement. Or on se sent souvent flottant, un peu triste, comme entre deux mondes.

Ce sentiment porte un nom dans les travaux sur la transition : la phase neutre. L’ancien n’est plus opérant, le nouveau n’est pas encore installé. C’est inconfortable, et c’est normal.

Beaucoup de personnes reviennent en arrière à ce moment précis, non pas parce que l’ancienne vie était bonne, mais parce que le vide fait peur.

Sur le même thème : Pourquoi changer fait peur ?

Faire le deuil ne veut pas dire renier.

Une erreur fréquente consiste à mépriser celle que l’on était. "J’étais naïve", "je me suis laissée faire", "quelle perte de temps...".

Ce regard dur empêche le passage. Cette version de toi a fait ce qu’elle pouvait avec ce qu’elle savait, dans le contexte qui était le sien. Elle t’a amenée jusqu’ici.

Lui rendre justice, plutôt que la juger, permet de la laisser partir sans arracher quelque chose.

Ce qui aide à traverser.

Nommer précisément ce qui s’en va. Pas "je change", mais "je ne suis plus celle qui répond toujours présente, et cela me manque parfois".

Écrire une lettre à celle que tu étais. Ce que tu lui dois, ce que tu lui pardonnes, ce que tu ne veux plus reprendre.

Accepter les rechutes. Reprendre un ancien réflexe ne signifie pas revenir en arrière. Les anciens fonctionnements ressortent surtout sous stress.

Ne pas décider trop vite de qui tu deviens. Le vide sert à quelque chose : c’est l’espace où quelque chose de plus juste peut apparaître.

Les moments qui déclenchent.

Un diagnostic, une maternité, une séparation, une reconversion, un déménagement, un changement de vie imposé. Parfois un simple anniversaire, ou une photo retrouvée.

Ces moments mettent brusquement en évidence l’écart entre la personne que l’on était et celle que l’on est devenue.

Le vertige ne vient pas forcément d’un échec : on peut très bien avoir choisi ce changement et pleurer quand même ce qu’il a coûté.

Ce que l’ancienne version protégeait.

Une identité ancienne remplit toujours une fonction : elle rassurait, elle donnait une place, elle organisait le quotidien.

C’est pour cela qu’on y revient, même quand elle ne convient plus. Y renoncer, c’est perdre un repère avant d’en avoir un nouveau - et cet entre-deux est la partie la plus inconfortable.

Se demander ce que cette version de moi me garantissait éclaire souvent mieux la situation que se demander comment aller plus vite.

Un exercice : la lettre à celui ou celle que tu étais.

Prends une page et écris à cette version de toi. Ce qu’elle a traversé, ce qu’elle a bien fait, ce qu’elle ne pouvait pas savoir.

Puis liste ce que tu gardes d’elle - une qualité, une exigence, un humour - et ce que tu laisses derrière.

Faire le deuil d’une version de soi ne consiste pas à l’effacer, mais à décider consciemment ce qui continue le voyage.

Pour résumer.

Faire le deuil d’une version de soi est une perte réelle, même quand le changement est choisi et positif. Le flottement qui suit n’est pas un échec, c’est la phase intermédiaire de toute transformation.

Reconnaître ce que l’ancienne version t’a apporté, plutôt que la mépriser, est ce qui permet vraiment de passer à la suite.


Pour aller plus loin...

Traverser une transition demande un espace pour observer ce qui change en toi, sans se presser de conclure.

L’oracle Inner Shift t’invite à ralentir et à explorer ce moment de bascule, grâce à des cartes pensées pour nourrir l’introspection.

À explorer ensuite : Et si tu n’avais pas besoin de devenir une meilleure version de toi ?

Et si tu souhaites aller plus loin, le carnet-compagnon Inner Shift t’accompagne avec des exercices de journaling et des réflexions guidées pour accueillir ce que tu laisses et ce qui arrive.

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