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3 novembre 2025 · Cilia

Comment tenir un journal sur la durée sans abandonner ?

Tu commences un journal avec motivation, puis tu abandonnes après quelques jours ? Découvre pourquoi cela arrive et comment construire une pratique durable, sans pression.

Comment tenir un journal sur la durée sans abandonner ?

Beaucoup de carnets commencent de la même manière.

Les premières pages sont remplies avec enthousiasme. On écrit plusieurs jours de suite. On découvre le plaisir de mettre ses pensées sur le papier, de prendre du recul, de mieux comprendre ce que l’on ressent.

Puis le rythme ralentit... Un jour, on n’écrit pas. Puis deux. Puis une semaine passe. Le carnet reste sur une étagère, jusqu’au moment où il finit par faire partie des meubles.

Cette situation est si fréquente qu’elle semble presque faire partie de l’expérience du journaling. Pourtant, elle ne signifie pas que cette pratique n’est pas faite pour toi. Elle révèle souvent une autre difficulté : nous abordons le journaling avec des attentes qui rendent sa continuité presque impossible.

Nous croyons qu’un bon journal est un journal rempli.

Lorsque nous imaginons un journal réussi, nous pensons souvent à un carnet dont toutes les pages sont couvertes d’une écriture régulière. Nous admirons la personne qui écrit chaque jour depuis des années, sans interruption.

À l’inverse, un carnet commencé puis laissé de côté nous donne l’impression d’être un projet inachevé.

Pourtant, cette manière de voir les choses est trompeuse.

Un journal n’est pas un concours de régularité. Il n’est pas destiné à être rempli le plus vite possible, ni à prouver notre capacité à tenir une habitude.

Sa valeur ne dépend pas du nombre de pages écrites.

Elle dépend de ce que ces pages nous ont permis de comprendre.

Un carnet utilisé intensément pendant quelques mois au cours d’une période importante de notre vie peut laisser une empreinte bien plus profonde qu’un journal tenu mécaniquement pendant plusieurs années. Ce n’est pas la quantité d’écriture qui fait la richesse d’un journal, mais la qualité des réflexions qu’il contient.

Ce n’est pas le manque de motivation qui fait abandonner.

Lorsque l’on cesse d’écrire, on pense souvent avoir manqué de discipline.

Pourtant, le problème est rarement là.

Nous abandonnons souvent parce que nous avons l’impression de ne pas faire les choses correctement. Nous croyons qu’il faudrait écrire tous les jours, remplir plusieurs pages, avoir toujours quelque chose d’intéressant à raconter ou produire des réflexions profondes à chaque séance.

À force de vouloir bien faire, le carnet devient intimidant.

On repousse le moment d’écrire parce que l’on n’a "que" dix minutes. On attend d’être plus inspiré. On se dit que l’on reprendra demain, lorsque l’on aura davantage de temps ou d’énergie.

Puis les jours passent.

Le journaling finit alors par ressembler à une obligation que l’on remet sans cesse à plus tard, alors qu’il était censé devenir un espace de liberté.

Un carnet n’a pas besoin d’être continu pour être précieux.

Nous avons tendance à imaginer un journal comme une histoire racontée sans interruption.

Pourtant, la vie elle-même ne suit pas un rythme aussi régulier.

Certaines périodes nous poussent naturellement à écrire davantage. Un changement important, une décision compliquée, une période de doute ou, au contraire, un moment particulièrement heureux donnent souvent envie de s’arrêter quelques instants pour mettre des mots sur ce que l’on vit.

À d’autres moments, le besoin d’écrire se fait plus discret. Les journées s’enchaînent sans que l’on ressente l’envie d’ouvrir son carnet mais pour être dans le moment présent, et ce n’est pas forcément le signe que la pratique perd de son intérêt.

Un journal n’est pas une série qu’il faudrait suivre sans manquer un épisode.

C’est un espace auquel on revient lorsque quelque chose mérite d’être exploré, compris ou simplement conservé.

Accepter cette discontinuité change profondément notre regard sur la pratique. Une interruption n’efface pas les pages déjà écrites. Elle ne remet pas en question ce que le carnet nous a déjà apporté.

Le plus difficile est parfois… de reprendre !

Après plusieurs semaines sans écrire, beaucoup de personnes hésitent à rouvrir leur carnet.

Elles ont l’impression qu’il faudrait d’abord expliquer leur absence, résumer tout ce qui s’est passé ou retrouver exactement le fil de leur dernière réflexion.

Comme si le journal attendait une justification.

En réalité, le carnet n’attend rien.

Il est toujours possible de reprendre là où l’on en est aujourd’hui, sans revenir sur les jours, les semaines ou les mois écoulés. La page suivante n’a pas besoin de réparer l’interruption précédente. Elle peut simplement commencer par ce qui est présent maintenant.

Cette idée paraît simple, mais elle change beaucoup de choses. Tant que l’on croit devoir "rattraper" le temps perdu, reprendre devient une tâche décourageante. Lorsque l’on accepte que chaque nouvelle page soit un nouveau départ, le carnet redevient un espace accueillant plutôt qu’un rappel de ce que l’on n’a pas fait.

Une pratique durable est une pratique à laquelle on revient.

Nous associons souvent la réussite à la continuité.

Pourtant, dans le journaling, la véritable réussite est peut-être ailleurs.

Une pratique durable n’est pas forcément une pratique quotidienne. Ce n’est même pas nécessairement une pratique régulière au sens strict du terme.

C’est une pratique que l’on n’abandonne jamais vraiment, même lorsqu’on la met de côté pendant un temps.

Le carnet reste présent comme une possibilité. On sait qu’il est là lorsqu’une question nous habite, lorsqu’une émotion a besoin d’être explorée ou lorsqu’un moment de vie appelle davantage de recul.

Peu importe qu’il soit resté fermé quelques jours ou plusieurs mois.

L’essentiel est de ne jamais croire qu’il est devenu trop tard pour y revenir.

Au fond, un journal n’est pas un engagement que l’on prend envers une routine.

C’est une conversation que l’on entretient avec soi-même. Et les conversations les plus importantes n’ont pas besoin d’avoir lieu tous les jours pour conserver leur valeur.


Pour aller plus loin…

Le carnet-compagnon Inner Shift est conçu pour accompagner une pratique souple, sans imposer un rythme précis. Ses questions guidées et ses exercices permettent de reprendre facilement l’écriture, que ton carnet soit resté fermé deux jours ou plusieurs semaines.

L’oracle Inner Shift peut également être un point de départ plus ludique, sans pression, lorsque tu souhaites renouer avec ton journal. Une carte tirée au hasard suffit parfois à faire émerger une question, une réflexion ou une émotion qui donne naturellement envie de reprendre la conversation avec toi-même.

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