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27 mai 2025 · Cilia

Pourquoi certaines situations réveillent toujours les mêmes émotions ?

Pourquoi certaines situations réveillent-elles toujours les mêmes émotions ? Découvre pourquoi nous ne réagissons pas seulement aux événements, mais aussi à ce qu’ils viennent toucher en nous.

Pourquoi certaines situations réveillent toujours les mêmes émotions ?

Toutes les personnes ne vivent pas la même réalité.

Cette phrase peut sembler étrange. Après tout, lorsque deux personnes assistent à la même scène, elles voient les mêmes gestes, entendent les mêmes mots et vivent, en apparence, exactement la même situation. Et pourtant l’une repart sans y repenser alors que l’autre y pense toute la journée.

Elle repasse la conversation dans sa tête, cherche ce qu’elle aurait pu dire autrement, se demande si elle a mal compris. Si elle a mal agi. Si elle a blessé l’autre. Ou si c’est elle qui vient d’être blessée.

Comment est-ce possible ? Comment une simple remarque, un silence ou un regard peuvent-ils sembler presque insignifiants pour une personne et profondément bouleversants pour une autre ?

Pendant longtemps, j’ai cru que cela relevait uniquement de la sensibilité.

Certaines personnes seraient plus émotives, plus susceptibles, plus sensibles.

Aujourd’hui, je pense que cette explication est beaucoup trop simple. Car si les émotions étaient uniquement provoquées par les événements, nous réagirions tous de la même manière face aux mêmes situations. Or ce n’est manifestement pas le cas.

La même critique peut être vécue comme un simple retour constructif ou comme une remise en question de toute sa valeur.

Le même silence peut être perçu comme un moment de calme ou comme un signe de rejet.

Le même changement de ton peut passer totalement inaperçu ou déclencher une profonde inquiétude.

Alors, d’où vient cette différence ?

Je crois qu’elle tient à une idée que l’on oublie souvent. Nous ne réagissons pas seulement à ce qui est en train de se passer. Nous réagissons aussi à ce que cette situation vient rencontrer en nous.

À notre histoire, nos expériences, nos peurs, nos besoins, nos croyances.

Autrement dit, nos émotions ne parlent pas uniquement du présent. Elles sont aussi le point de rencontre entre ce que nous vivons aujourd’hui et tout ce que nous avons vécu avant.

Et c’est précisément ce qui les rend parfois si difficiles à comprendre.

Nous ne vivons jamais une situation de manière complètement neutre.

Imaginons deux personnes. Toutes les deux reçoivent le même message.

“Peux-tu passer dans mon bureau cet après-midi ?”

La première se dit :

“D’accord.”

Puis continue sa journée.

La seconde sent immédiatement son ventre se nouer. Elle se demande ce qu’elle a fait de travers, imagine les pires scénarios, relit les échanges des derniers jours. Pourtant, les deux personnes ont reçu exactement le même message.

Ce qui change, ce n’est pas la situation. C’est ce qu’elle évoque en eux.

Nous avons parfois tendance à croire que nos émotions sont provoquées directement par les événements. En réalité, elles naissent de la rencontre entre un événement et notre manière de lui donner du sens.

Notre cerveau ne regarde jamais le présent seul.

Le cerveau humain est extraordinaire. À chaque instant, il compare, anticipe, cherche des ressemblances avec ce qu’il connaît déjà. Et c’est d’ailleurs ce qui nous permet d’apprendre.

Lorsque tu poses la main sur une plaque brûlante une première fois, ton cerveau en garde une trace. La fois suivante (si seconde fois il y a 😅), il réagit beaucoup plus vite.

Ce mécanisme nous protège. Mais il ne fonctionne pas uniquement pour les dangers physiques. Il s’applique aussi aux expériences émotionnelles.

Si certaines situations ont été particulièrement marquantes dans notre histoire, notre cerveau devient plus attentif à tout ce qui leur ressemble. et parfois, cette vigilance est utile... Alors que parfois, elle nous fait voir une menace là où il n’y en a plus.

Ce n’est pas la situation qui fait mal.

Imagine quelqu’un qui a souvent eu l’impression de ne pas être écouté. Chaque fois qu’une personne regarde son téléphone pendant qu’il parle, il ressent une profonde frustration. Quelqu’un d’autre n’y verra qu’un manque de politesse.

La situation est identique, l’émotion ne l’est pas. Pourquoi ?

Parce que ce geste ne touche pas simplement au présent. Il vient rencontrer une expérience déjà connue.

C’est un peu comme si certaines situations avaient le pouvoir d’appuyer sur un interrupteur. L’interrupteur n’est pas la situation, car lui, il est déjà là.

La situation, elle, ne fait que l’actionner.

Et je trouve cette nuance essentielle, parce qu’elle nous rappelle que nos émotions ne sont pas disproportionnées par nature. Elles prennent simplement racine dans une histoire que les autres ne voient pas.

Cela ne signifie pas que tout vient de l’enfance.

C’est un raccourci que l’on entend souvent.

“Si tu réagis comme ça, c’est forcément lié à ton enfance.”

La réalité est beaucoup plus nuancée.

Oui, nos premières expériences jouent un rôle important. C’est au cours de l’enfance que nous construisons une grande partie de nos repères : la manière dont nous apprenons à faire confiance, à nous sentir en sécurité, à exprimer nos émotions ou à entrer en relation avec les autres.

Mais notre histoire ne s’arrête pas là. Nous continuons à apprendre de chaque expérience que nous vivons. Certaines renforcent notre sentiment de sécurité, d’autres, au contraire, viennent fragiliser des équilibres que l’on croyait solides.

Une rupture.

Un deuil.

Une humiliation.

Un burn-out.

Une relation toxique.

Une période de harcèlement...

Toutes ces expériences ont un point commun : elles peuvent profondément modifier la manière dont nous percevons le monde et les autres, non pas parce qu’elles nous “cassent” mais parce qu’elles obligent notre cerveau à réévaluer ce qu’il croyait savoir.

Une personne qui a vécu une trahison pourra devenir plus attentive aux signes de désengagement dans ses relations.

Quelqu’un qui a traversé un burn-out pourra ressentir de l’anxiété bien plus rapidement face à une surcharge de travail.

Une personne ayant vécu une humiliation publique pourra appréhender différemment le regard des autres.

Ce ne sont pas des réactions irrationnelles, ce sont des adaptations.

Notre cerveau retient ce qui l’a fait souffrir afin d’essayer de nous en protéger à l’avenir. Et si la plupart du temps, cette stratégie est utile, il arrive également qu’elle nous conduise à réagir à une situation présente comme si elle portait encore le poids d’une expérience passée.

C’est pour cette raison que notre histoire continue de s’écrire tout au long de notre vie.

Et que chacune de nos expériences, qu’elles soient douloureuses ou profondément réparatrices, peut transformer notre manière de ressentir, d’interpréter et de répondre aux situations que nous rencontrerons plus tard.

Une émotion qui revient n’est pas forcément le signe que tu n’avances pas.

C’est peut-être l’idée que j’aimerais le plus transmettre dans cet article.

Beaucoup de personnes se disent :

“Je pensais avoir dépassé ça.”

“J’ai l’impression de revenir en arrière.”

Et si ce n’était pas le cas ?

Prenons une image. Imagine que tu t’es foulé la cheville il y a plusieurs années. Aujourd’hui, tu marches normalement. Tu peux courir, faire du sport, vivre sans y penser.

Puis un jour, tu poses le pied sur un terrain irrégulier et pendant une fraction de seconde, la douleur revient.

Est-ce que cela signifie que ta cheville n’a jamais guéri ? Non.

Cela signifie simplement qu’elle reste plus sensible dans certaines situations. Et bien, nos émotions fonctionnent parfois de manière comparable. Et le fait qu’une peur ou une tristesse réapparaisse ne signifie pas automatiquement que rien n’a changé.

La vraie question est peut-être moins :

“Est-ce que je ressens encore cette émotion ?”

Que :

“Est-ce que je réagis encore exactement comme avant ?”

Parce que c’est souvent là que se mesure l’évolution. Tu peux encore ressentir la peur sans qu’elle décide à ta place.

Tu peux encore vivre une déception ans qu’elle remette en question toute ta valeur.

Tu peux encore avoir peur d’être rejetée sans renoncer, cette fois, à dire ce que tu penses.

Les émotions ne disparaissent pas (et heureusement ! Nous sommes humains) - mais c'est notre manière d’entrer en relation avec elles qui, elle, peut profondément évoluer.

Les émotions ne demandent pas toujours à être éliminées.

Nous vivons dans une époque où l’on parle beaucoup de guérison comme s’il existait un moment où certaines émotions cesseraient définitivement d’exister.

Je ne suis pas certaine que ce soit ainsi que nous fonctionnions. La peur continuera probablement de faire partie de ta vie, tout comme la tristesse, la colère.

La question n’est peut-être pas de savoir comment ne plus jamais les ressentir mais de comprendre pourquoi elles apparaissent.

Parce qu’une émotion comprise ne disparaît pas forcément. En revanche, elle perd souvent une partie de son pouvoir.

Elle cesse d’être un mystère. Et lorsqu’on comprend ce qui est en train de se jouer, il devient plus facile de répondre à la situation présente… plutôt que de réagir uniquement à ce qu’elle est venue réveiller.

En résumé.

Nous croyons souvent que nos émotions sont uniquement la conséquence de ce qui est en train de se passer. En réalité, elles sont souvent le point de rencontre entre ce que nous vivons aujourd’hui et tout ce que nous avons déjà vécu.

Cela ne signifie pas que nous sommes prisonniers de notre passé mais simplement que notre histoire continue d’influencer dans le présent notre manière de percevoir le monde.

Et peut-être que la prochaine fois qu’une situation te semblera provoquer une réaction disproportionnée, tu pourras remplacer cette question :

“Pourquoi est-ce que je réagis comme ça ?”

Par une autre.

“Qu’est-ce que cette situation est venue toucher en moi ?”

Il n’y aura peut-être pas de réponse immédiate mais il y aura souvent le début d’une compréhension.


Pour aller plus loin…

Lorsque certaines situations réveillent toujours les mêmes émotions, nous cherchons souvent à comprendre ce qui ne va pas chez nous. Pourtant, ces réactions peuvent aussi devenir de précieux points d’entrée pour mieux comprendre ce qui se joue en nous.

L’oracle Inner Shift peut t’aider à prendre du recul sur ces réactions en t’invitant à explorer une question différente, sous un angle auquel tu n’aurais peut-être pas pensé seule.

Et si tu souhaites aller plus loin dans cette exploration, le carnet-compagnon Inner Shift t’accompagne avec des exercices d’écriture et des pistes de réflexion pour identifier les situations qui reviennent, les émotions qu’elles réveillent et les besoins qu’elles mettent en lumière.

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